Comprendre le Nouvel Ordre Mondial - SYSTEME MONETAIRE - 3

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De l’or au papier, de l’étalon or à l’étalon dette

« En l’absence d’étalon or, il n’y a aucune façon de protéger de la confiscation des revenus par l’inflation. C’est le secret minable des tirades de l’Etat-providence contre l’or. [...] Les dépenses de déficit sont simplement un schéma pour la confiscation de richesse. L’or fait barrage à ce processus insidieux. Il est protecteur des droits de propriété. Si on saisit cela, on n’a aucune difficulté à comprendre l’antagonisme de l’Etat-providence envers l’étalon or. »

Ayn Rand, Alan Greenspan (president de la Réserve Fédérale 1987-2006) « Capitalism, the Unknown Ideal » (1966), p.101

 

Depuis leurs introductions, les monnaies fiduciaires ont été dévaluées au cours du temps, et pas simplement à cause des guerres. Les banques centrales n’ont pas cessées d’émettre plus de billets qu’elles ne possédaient d’encaisse or ou argent. La production monétaire ex nihilo a été institutionnalisée malgré quelques tentatives par quelques gouvernements d’y apposer des restrictions. A noter que suite à l’échec du système de Law (1720) et des assignats pendant la Révolution, on a brûlé la planche à billets place Vendôme en 1796, symbolisant le rejet du public pour le papier-monnaie et la volonté d’une monnaie « sonnante et trébuchante ».

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Le billet

Le premier papier-monnaie recensé fût émit par l’empereur de Chine au IXe siècle, et abandonné 6 siècles plus tard à cause des dérives inflationnistes. La lettre de change était largement utilisée par les marchands européens au XIVe siècle afin de ne pas transporter de métaux précieux au cours de leurs longs périples à travers l’Europe médiévale. Elle est l’ancêtre du chèque.

Le billet de banque moderne est né dans le contexte d’essor économique du XVIIe siècle en Europe du Nord. En Angleterre, des orfèvres commencent à garder le métal précieux de leurs clients en dépôt dans leurs coffres. Ils remettent des reçus attestant de celui-ci. C’est la naissance des premières banques de dépôts. Les premiers reçus d’orfèvres dateraient de 1633. Ce certificat de dépôt, nominatif, constitue une promesse de se faire remettre son dépôt sur présentation. Dans le contexte du conflit qui oppose Charles 1er, aux difficultés financières persistantes, au Parlement (1640) et de la guerre civile qui s’en suivra, les coffres des orfèvres attirent les gens désireux de mettre leurs valeurs en sécurité. Alors que les orfèvres deviennent peu à peu des banquiers, leurs reçus deviennent des billets de banques. L’utilisation de promesses bancaires comme moyen de paiement se répand pour son caractère pratique. En 1661, la Banque de Stockholm est la première banque possédant une charte des autorités publiques à émettre du papier-monnaie. En 1694, La Banque d’Angleterre commence à émettre aussi des billets. Au début du XVIIIe siècle en Angleterre, il devient légal de les échanger avec des tierces parties : il ne sont plus nominatifs. Il sera par la suite possible de payer ses impôts avec.

Au XIXe siècle, le cours légal est instauré (1833 en Angleterre, en France définitivement en 1870), c’est-à-dire qu’il devient obligatoire de les accepter comme moyen de paiement. Le cours forcé, c’est à dire la suspension de la libre convertibilité en métal précieux, fût instauré plusieurs fois en France entre 1848 et 1928, et définitivement en 1936. La plupart des monnaies ont connues les mêmes évolutions au cours du XIXe et XXe siècle.

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Etalon or

 

L’or et l’argent sont utilisés comme monnaie depuis plusieurs millénaires. Ils furent utilisés pour les échanges internationaux jusqu’en 1870. A partir de 1870 le bimétallisme est peu à peu abandonné par les grandes puissances mondiales et l’étalon or à proprement parlé se met en place.

 

En 1933, Roosevelt signe un décret (Executive Order 6102) interdisant la possession d’or (en dehors des bijoux,…). Il sera suivit par une loi, l’année suivante, le Gold Reserve Act qui aboutira au stockage de l’or « récolté » par le Trésor, notamment à Fort Knox. Après cette opération effectuée, le prix de l’or passe de 20,67$ à 35$ l’once. Le Dollar est ainsi dévalué, la masse monétaire avait beaucoup augmenté depuis la création de la Fed. Les Etats-Unis instaurent donc le cours forcé et abandonnent ainsi l’étalon or. Le Dollar est dès lors découplé de toute commodité et devient une monnaie fiduciaire, laissant encore plus de liberté à l’industrie bancaire de créer de la monnaie (plus d’élasticité) qui n’a donc de valeur intrinsèque que celle du papier. En France, le cours forcé fût instauré définitivement le 1er octobre 1936. Le Royaume-Uni et la plupart des pays industrialisés ont suspendues définitivement la convertibilité libre de leurs monnaies dans les années 30. Néanmoins, l’or restait encore le moyen d’échange international (convertibilité externe).

 

Les accords de Bretton Woods (22 juillet 1944) définissent le Dollar comme monnaie de réserve et d’échange internationale, convertible en or (convertibilité externe) : sa valeur fût fixée à 35 US$ l’once d’or.

Dans le contexte de la guerre du Vietnam et de la conquête spatiale, la planche à billet tournant à plein régime, les détenteurs de dollars souhaitent, comme la France de Charles De Gaulle (1965), convertir leur papier en or. Dès lors, les Etats-Unis ne voulant pas se « vider » de leur or, le 15 Août 1971, Richard Nixon met fin à la convertibilité du dollar en or. C’est le début de la fin des accords de Bretton Woods qui aboutit au régime de changes flottants : les valeurs des monnaies sont fixées par les forces du marché. Il n’y a plus de standard international pour la monnaie (accords de la Jamaïque 1976). On constate depuis une augmentation de la récurrence des crises, avec la multiplication des « bulles », grâce au feu vert à la création monétaire (ce que les banquiers appellent l’élasticité) sans « freins d’ors ».

 

Auparavant, la quantité de monnaie qui pouvait être créée avait une limite : la valeur des biens qui étaient mis en gage pour la créer. Puis, avec le développement du crédit et du système bancaire moderne, la banque devait posséder une fraction de ce qu’elle créait en métal précieux dans son coffre. Jusqu’à ce que cette fraction ne représente plus rien. Aujourd’hui, la monnaie est créée par contraction de dettes. la valeur de la monnaie est définie par la masse monétaire existante. La quantité qui peut être créée (dette possible) est définie par la quantité existante (dette existante).

Conséquence inflationniste de la création monétaire

-> Théorie quantitative de la monnaie

Le niveau général des prix augmente avec la quantité de monnaie en circulation.

 

Enoncée initialement au XVIe siècle, elle fût reprise et formulée par les économistes classiques, néoclassiques et monétaristes. Cette théorie est largement admise parmi les économistes sur le long terme. Elle formule ce que le bon sens perçoit intuitivement, à savoir que, toutes choses égales par ailleurs (notamment la vitesse de circulation de la monnaie et le nombre de transaction sur une période donnée), la monnaie se déprécie d’autant plus que l’on en crée.

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« Par un processus ininterrompu d’inflation, les gouvernements peuvent confisquer, secrètement et à l’abri des regards, une partie importante de la richesse de leurs citoyens. Par cette méthode ils ne confisquent pas seulement, mais ils confisquent arbitrairement ; et, tandis que le processus appauvrit plusieurs, il enrichit en réalité certains. [...] Il n’y a pas de moyen plus subtil, aucun moyen plus sûr de renverser la base existante de la société qu’en débauchant la monnaie. Le processus engage toutes les forces cachées de la loi économique sur le côté de destruction et le fait tel que pas un homme sur un million n’est capable de diagnostiquer. »

John Maynard Keynes, économiste, « The Economic Consequences of the Peace » (1920), ch.VI

 

L’inflation bénéficie avant tout à ceux qui émettent et disposent de la monnaie en premier lieu, soit, les banques et les sociétés associées, ainsi que les gouvernements. Elle spolie avant tout le travailleur dont le salaire n’augmente pas, le déposant et le petit épargnant qui « met de côté pour ses vieux jours » (sauf si le taux du placement est supérieur ou égal à l’inflation). L’inflation est en réalité une taxe cachée qui touche plus durement les classes sociales les plus basses.

Usure

Impact de la pratique de l’intérêt sur une monnaie éphémère

Le fonctionnement du système monétaire est un processus continu de création et de destruction de monnaie (cf. création monétaire). On pourrait qualifier cette monnaie « d’éphémère ». « L’usure » était autrefois le terme employé pour qualifier la pratique du prêt avec intérêt.

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Lorsqu’un crédit est accordé, la banque crée un dépôt égal au montant du principal, mais bien sûr ne crée pas les intérêts associés.

La théorie des promoteurs de ce système est que si les investissements sont bons et que chaque acteur de l’économie fait un « bon boulot » – c’est à dire que l’économie croît – alors la créance et les intérêts associés peuvent être remboursés sans problème et il n’y a pas de raréfaction de la monnaie. C’est le discours simpliste dominant.

Cependant ce qu’il est important d‘examiner (en gardant à l’esprit que toute la monnaie est créée à partir de dettes) c’est le présupposé de cette théorie. Lors du remboursement d’un prêt, puisque le principal est détruit au fur et à mesure, 100% des intérêts doivent être recyclés, sans être prêtés à nouveau avec intérêts, dans l’économie pour pouvoir être regagnés par l’emprunteur afin qu’il puisse finir de rembourser le principal. Ainsi, la créance peut être complètement détruite, tout comme la monnaie créée en contrepartie.

Les intérêts perçus par les banques peuvent être divisé en 3 catégories : les frais de fonctionnement, le dividende des épargnants et le dividende des actionnaires. Or il n’est pas du tout improbable que des épargnants ou actionnaires placent leurs dividendes à l’épargne, ou dans l’achat de titre de créances négociables comme les bons du Trésor. Cet argent sera « disponible » mais par l’emprunt avec intérêt. Ce qui attache un intérêt supplémentaire à cette monnaie recyclée. Examinons :

Considérons un euro qui circule dans la situation évoquée ci-dessus : il est créé par le crédit accordé à n°1, circule dans l’économie, est regagné par l’emprunteur n°1 qui rembourse un euro d’intérêt ; celui-ci est placé à l’épargne, emprunté par n°2, circule dans l’économie et est regagné par n°1 qui, avec cet euro, finit de rembourser la totalité de son prêt. La créance de n°1 est détruite, toute la monnaie créée en contrepartie dans les comptes de la banque est détruite aussi. N°1 ne doit plus rien et a pu tout rembourser. Toutefois, n°2 rembourse toujours son crédit. Cependant un euro de son emprunt a déjà été détruit par le remboursement de l’emprunt n°1. La seule solution est que quelqu’un contracte un nouveau prêt afin de rendre cet euro disponible pour le remboursement de l’emprunt et la destruction de la créance n°2.

On voit bien que le non recyclage à 100% des intérêts, dans ce système d’usure de monnaie éphémère, induit mécaniquement une raréfaction de l’argent. Cela peut conduire à terme au crash du système si on ne créé pas une nouvelle dette.

Pour que cette nouvelle dette soit supportable, il faut de la croissance.

(sur) Endettement

« Si tous les prêts bancaires étaient payés … il n’y aurait plus une pièce ou devise d’un dollar en circulation. Quelqu’un doit emprunter tout dollar qu’il y a en circulation, espèce ou crédit … Nous sommes absolument sans système de monnaie permanente. »

Robert Hemphill, manager du crédit (Réserve Fédérale d’Atlanta), préface de « 100% Money » par Irving Fisher (1935)

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La monnaie est créée à partir de dette. A un moment donné, globalement dans le système financier, le total des créances avec les intérêts associés est supérieur au total de la monnaie créée en contrepartie de ces créances. Autrement dit dans le système financier, la dette totale à rembourser est toujours plus élevée que l’argent existant. Impossible pour l’ensemble des endettés de la société (administrations publiques, entreprises, ménages) de rembourser. Il faut donc emprunter toujours plus, afin que le système ne s’écroule pas. La masse des crédits doit toujours augmenter et donc la dette s’accroître. Pour que cet endettement général, en croissance exponentielle, n’ait pas de conséquences désastreuses, il faut que l’économie croisse aussi de façon exponentielle (3% de croissance cette année représente une augmentation de production supérieure à celle correspondant à la croissance de 3% de l’année dernière, etc.). On peut voir dans la nature de notre système monétaire, l’une des raisons profonde de la course effrénée à la sacro-sainte croissance et au productivisme.

« Celui qui croit qu’une croissance exponentielle peut continuer indéfiniment dans un monde fini est soit un fou soit un économiste. »

attribuée à Kenneth Boulding, économiste

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Deux cas, soit l’économie est en expansion et la dette contractée permet un investissement entrainant une augmentation de la production de biens ou de services ; soit l’économie ne croît pas, ou pas suffisamment par rapport à la croissance de la masse monétaire, et il va être plus difficile de réaliser de bons investissements. C’est dans ce contexte là que se forment les bulles. Le déficit public joue un grand rôle dans ce système de surendettement. C’est un moyen d’injecter de la monnaie (supporté collectivement donc de façon diffuse) dans l’économie. L’endettement des ménages, des entreprises et des administrations publiques croît continuellement. C’est le cercle, vertueux pour les banquiers, et vicieux pour les autres, de l’endettement.

-> Le système monétaire actuel est un véritable trou noir.

Aujourd’hui ce système absurde est porté à son paroxysme. La pyramide internationale de dettes des produits dérivés est de plusieurs centaines de trillions* d’euros. Et l’on continu à faire des plans de renflouement et des mises à disposition de liquidités qui se chiffrent en milliers de milliards pour « tenter » de combler le trou noir des produits dérivés… Mais jusqu’où ?

* Un trillion est égal à un millier de milliards

 

L’Ecole autrichienne d’économie

Il s’agit d’une école de pensée économique née en Autriche à la fin du 19ème siècle qui s’est développée par la suite aux Etats-Unis. Elle est dite hétérodoxe notamment pour son individualisme méthodologique et sa conception subjectiviste de la valeur. Elle formule les énoncés de la théorie économique comme ceux d’une « logique de l’action » (praxéologie) et rejette toute explication organiciste ou mécaniste des phénomènes sociaux (qui ne peuvent donc être modélisés).

 

Pour l’Ecole autrichienne d’économie, c’est au marché de fixer les taux d’intérêt car personne ne peut prétendre évaluer, mieux que le marché, quel est le taux juste. Elle est contre une monnaie fiduciaire et plaide pour un étalon or et/ou argent. Elle rejette le système de banque centrale. Elle est pour le marché libre et est opposée à l’intervention de l’Etat dans l’économie. Elle considère les cycles économiques comme des conséquences de la manipulation de la masse monétaire et des taux d’intérêt. Pour les partisans de cette école, les phases ascendantes (booms) sont la conséquence de taux d’intérêt artificiellement bas (« argent pas cher »), entrainant un excès de crédit (et donc de dette) et conduisant à de mauvais investissements, créant ainsi une « bulle ». Puis la phase descendante : lorsque les taux d’intérêt augmentent et que le crédit se resserre (« crédit-crunch »), la nécessité de payer la dette initiale conduit à l’abandon des mauvais investissements et à la chute des valeurs associées (éclatements de la bulle) et donc à la baisse des salaires et au chômage. Pour certains partisans de l’Ecole autrichienne d’économie, le système de banque centrale concentre un énorme pouvoir aux mains d’un petit groupe et constitue un moyen de planification économique centralisé (la planification économique est une caractéristique du système étatiste communiste). La plupart de ces économistes sont farouchement opposés au système de réserves fractionnaires.

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Principaux économistes « autrichiens » : Ludwig von Mises, Friedrich von Hayek (prix Nobel d’économie 1974), Murray Rothbard

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-> Deux ouvrages intéressants de Murray Rothbard (in english)

The Mystery of Banking (pdf)

The Case Against the Fed (pdf)

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-> Pour en savoir plus sur la pensée de cette école : site internet du Ludwig von Mises Institute (Alabama, Etats-Unis). De nombreux ouvrages y sont disponibles.

Crises financières

Si les bénéfices tirés de ce système monétaire sont privés, le risque, lui, est bel et bien public. C’est à dire qu’à chaque fois que ce système fiduciaire vacille et que le château de dette menace de s’effondrer, c’est le public qui en subit les conséquences en assumant un nouvel endettement (ex. 2008), ou subissant la dépression (années 30). Sans que jamais ne soit remis en cause la légitimité et le bien fondé de ce système monétaire.

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Crise des subprimes -> crise financière 2007-08

 

Dans les années 1990, de nouveaux produits dérivés financiers apparaissent et se développent (CDS, CDO, ABS, RMBS, …) avec la bénédiction de l’administration Clinton. Robert Rubin et Lawrence Summers au Département du Trésor, Allan Greenspan à la Réserve Fédérale. En 1999, aux Etats-Unis, le Glass Steagle Act (loi sur la séparation entre banques commerciales et banques d’affaires) est abolie. Entre 2001  et 2003, la Réserve Fédérale baisse ses taux directeurs de 6% à 1%  (Janvier 2001 : 6% – Décembre 2001 : 1.75%) ! (argent pas cher du tout !). Les taux d’intérêt des crédits sont bas et les banques proposent des crédits hypothécaires (à taux variables) à qui veut, y compris aux ménages peu solvables (subprimes). Des produits dérivés financiers ont été créés à partir de ces crédits hypothécaires et diffusés dans les marchés financiers. L’immobilier monte, les produits dérivés associés aux crédits hypothécaires aussi : la bulle immobilière (et la bulle de crédit associée) gonfle… A partir de 2004 les taux directeurs de la Réserve Fédérale commencent à remonter et atteignent 5,25 % en 2006. Le crédit est plus cher, les taux variables des crédits hypothécaires augmentent, les premiers défauts de paiement surviennent… les prix de l’immobilier chute, la valeur des produits dérivés associés aussi de façon très importante : la bulle immobilière éclate. L’insolvabilité et la défiance entraînent une crise financière qui se propage à travers le monde par l’intermédiaire des marchés financiers en 2007.

En Octobre 2008, le contribuable, entre le marteau (menace de dépression) et l’enclume (surendettement), est contraint de renflouer les banques. Solution provisoire du surendettement (renflouement par les contribuables) et de l’inflation (mise à disposition très importante de liquidités par les banques centrales, chute importante des taux d’intérêt). Aux Etats-Unis, les membres du Congrès ont subit des pressions du gouvernement, « créant et entretenant une atmosphère de panique »* et certains se sont même faits entendus dire que la « loi martiale »* pourrait être déclarée s’ils votaient non au Plan Paulson.

*Congressiste Brad Shermann (2 Octobre 2008)

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Entre octobre 2008 et décembre 2008, le bilan (l’actif et le passif) de la Fed, augmentant « normalement » de façon très progressive (« en pente légère »), a brutalement été multiplié par 2 ! Depuis décembre 2008*, les taux directeurs de la Fed sont fixés au niveau historiquement bas de 0.25% ! Créant ainsi les conditions d’une très forte inflation (hyperinflation).

*publié début Mars 2008

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Krach d’octobre 1929 et Grande Dépression

 

Pour les économistes « autrichiens » (cf. Ecole autrichienne d’économie) la cause de la crise de 1929 est la conséquence de la politique monétaire menée par la Réserve fédérale dans les années 20. La fixation artificiellement basse des taux d’intérêt par la Réserve Fédérale dans les années 20 permettant l’augmentation artificielle de la masse monétaire (expansion du crédit), créant les conditions de mauvais investissements, alimentant une frénésie spéculative (phase ascendante). Suivi de la hausse importante des taux d’intérêt à partir de 1928, provoquant le resserrement du crédit et donc la contraction de la masse monétaire (phase descendante) ; engendrant, défauts de paiement, abandon des mauvais investissements et ventes des valeurs associées. L’insolvabilité et la crise de confiance menant au krach boursier du Jeudi Noir.

Pour le monétariste Milton Friedman, la Grande Dépression qui s’en est suivie est le résultat du maintien des taux d’intérêt à un niveau élevé après la crise.

« Je suis moi-même persuadé, sur la base d’étude étendue des faits historiques que…la sévérité de chacune des contractions – 1920-21, 1929-33, 1937-38 – est directement attribuable aux actes de commissions et d’omissions des autorités de la Réserve Fédérale et ne seraient pas produits dans le cadre des règles monétaires et bancaires précédentes. »

Milton Friedman, prix Nobel d’économie, « Capitalism and Freedom » (1962)

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La Réserve Fédérale est responsable de la situation économique désastreuse de ces années-là. D’abord par l’augmentation artificielle de la masse monétaire, suivi de sa contraction tout aussi arbitraire. Puis par le maintien des taux d’intérêt à un niveau élevé, menant à la dépression.

Bien sûr tout le monde ne fût pas perdant. Si le chômage, en ville et dans les campagnes, et la faillite de petites sociétés (dont de nombreuses petites banques) ont fortement touchés l’économie et la société américaine, des grands groupes industriels et financiers ont rachetés bon nombre de ces sociétés en faillites pour une bouchée de pain. C’est ce qui s’appelle « faire des affaires » !

Extrait video Friedman et le congressiste Louis McFadden

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Cui bono

A qui profite le crime…

Les grandes banques de Wall Street, qui contrôlent la Réserve Fédérale depuis sa création (cf. la créature de l’île Jekyll, contrôle de la Fed), possèdent le levier pour manipuler les taux d’intérêt (politique monétaire). Elles disposent en premier lieu de l’information, capitale pour bénéficier de la phase ascendante. Et primordiale pour sécuriser leurs placements (et liquider les mauvais) avant la phase descendante. Enfin, grâce à leurs relations privilégiées avec la Fed, dont elles sont les plus gros actionnaires, elles disposent des moyens : un accès tout aussi privilégié aux liquidités émises par la Fed. Permettant ainsi, lors de la Grande Dépression, le rachat de milliers de petites banques « de province » en faillite à travers le pays. Permettant aussi aux grands groupes associés à ces grandes banques le rachat de sociétés en faillite.

Lors d’une crise, il y a destruction d’argent fictif, mais il y a aussi transfert de richesses réelles. Par leur information et leur accès privilégié aux liquidités, ce sont des grands groupes financiers et industriels qui profitent avant tout des crises.

 

Conclusion & Perspectives Citoyennes

Conclusion

« En fait, sans aucune exagération, le mécanisme actuel de la création de monnaie par le crédit est certainement le « cancer » qui ronge irrémédiablement les économies de marchés de propriété privée. »

Maurice Allais, prix Nobel d’économie, « La Crise mondiale d’aujourd’hui » (1999), p.74

 

Notre monnaie est contrefaite et quasiment privée. Elle représente réellement une dette.

Le système monétaire actuel est injuste, il sert principalement des intérêts spécifiques, ceux des banquiers et financiers qui créent de l’argent ex nihilo, via le système de réserve fractionnaire, et le prêtent avec intérêts, endettant les nations. Il n’est pas compatible avec un développement économique équitable, prospère et durable. Trop de monnaie est créée générant inflation et créant les conditions de la formation de bulles financières. De facto, on constate que l’ensemble des créances avec les intérêts ne peut être remboursé sans nouvel emprunt, poussant toujours plus à l’endettement. Conséquence possible de la pratique de l’usure dans ce système de monnaie éphémère, où l’ensemble des intérêts n’est pas recyclé, une partie de ceux-ci ayant une probabilité certaine d’aller à l’épargne.

Il est donc promis, à toute économie qui ne croît pas fortement et de façon soutenue, de se trouver dans une spirale de dette et d’inflation.

Le système monétaire actuel est une véritable pompe absorbante, permettant le transfert continu de richesses réelles vers le haut de la pyramide sociale, et confère à ces usuriers un pouvoir immense sur l’économie et la société.

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Perspectives citoyennes

 

« La création monétaire doit relever de l’État et de l’État seul. Toute création monétaire autre que la monnaie de base par la Banque centrale doit être rendue impossible, de manière que disparaissent les « faux droits » résultant actuellement de la création de monnaie bancaire. »

Maurice Allais, prix Nobel d’économie, « La Crise mondiale d’aujourd’hui » (1999), p.95

 

Le prix Nobel Maurice Allais propose ni plus ni moins que l’abolition du système de réserves fractionnaires. La plupart des économistes « autrichiens » sont aussi fermement opposés au système de réserves fractionnaires.

 

Certains économistes autrichiens contestent le bien fondé d’un système monétaire centralisé (une banque centrale possédant le monopole d’émission) car il procure un pouvoir extraordinaire à un nombre restreint d’individu et constitue un moyen de planification économique centralisé. Ceux-là sont en faveur d’une monnaie gagée par une commodité (étalon) couplée à un système bancaire libre (free banking). La compétition doit permettre de créer les conditions d’une diminution importante de la manipulation de la monnaie. La condition étant bien sûr que ces banques émettrices soient totalement responsables de leurs actes. Elles doivent subir pleinement les conséquences économiques (faillite, liquidation) si elles ne peuvent respecter leurs obligations contractuelles (trop d’émission de billets par ex.) comme n’importe quelle entreprise. Diminuant ainsi largement le risque d’inflation et la tentation de contrefaçon.

 

« Un étalon or, couplé avec la liquidation instantanée de n’importe quelle banque qui échoue à respecter ses obligations contractuelles, amènerait un système bancaire libre si « sonnant et trébuchant » (so hard and sound), que n’importe quel problème de crédit inflationniste ou de contrefaçon serait minimal. »

Murray Rothbard, économiste, « The Case Against the Fed » (1994), p.150

 

Devant la diversité des conceptions de ce que devrait être un « bon » système monétaire, il devrait y avoir un débat public. Quel système monétaire voulons-nous ?

 

-> Emission de toute la monnaie par l’Etat (décidé par le Parlement en fonction de l’évolution économique), dirigeant la politique monétaire et ne la déléguant pas à un groupe d’individus, non élus, non responsables et souvent sous influence d’intérêts spécifiques.

 

-> Ou émission par l’Etat et fixation de l’intérêt par les forces du marché, c’est-à-dire la loi de l’offre et la demande entre les détenteurs de capital et les demandeurs.

 

-> Ou au contraire, liberté bancaire avec responsabilisation totale des acteurs bancaires, assumant les pleines conséquences économiques de leurs actes. Création de monnaie gagée par une commodité. Fixation des taux d’intérêt par les forces du marché.

 

… Il existe bien d’autres perspectives de réflexions sur les systèmes d’échanges (Système d’Echange Local,…).

 

-> Ou voulons-nous rester dans ce système hybride et opaque dans lequel le bénéfice de la création monétaire est privé et le risque est public ? Dans lequel l’Etat, par les pouvoirs délégués à sa banque centrale, émet 10 à 15% de la monnaie, et ne peut en bénéficier directement depuis 1973 ! Les banques privées créant le reste ex nihilo grâce au système de réserves fractionnaires. Dans lequel les banques privées sont de facto irresponsables économiquement puisque renflouées par le public prit en otage.

 

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Sans aucun doute la question monétaire est un sujet complexe dans lequel il n’existe pas de solution simple et parfaite. C’est justement pour cela qu’un grand débat public doit avoir lieu, pour que les meilleurs choix puissent être faits par des citoyens informés.

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